mercredi 6 mars 2024

N'oublie pas la tendresse.



Ces mots que l’on dit trop, pas assez ou à mauvais escient, que l’on retient, par peur, que l’on dit pour les recevoir en retour.
Ces mots qui nous libèrent ou nous emprisonnent. 

Ce sont les mots les plus doux, les plus difficiles, les plus raisonnables parfois, ceux auxquels nous devrions réfléchir le plus :  Je vous aime, je t’aime.
Que ce soit à nos proches, nos amies, nos amis, nos compagnons ou compagnes, nos amants ou amantes.
À ne pas les dire, à ne pas les manifester ( car il y a mille manières de dire je t’aime), l’autre ne le saura peut-être jamais.
Lire dans les pensées, est chose bien rare.
Qu’est-ce que c’est que "aimer" pour vous ?
Pour moi, c’est le profond désir de voir l’autre heureux, le plus possible. Qu'il nous quitte, nous fera mal, bien sûr, mais en fin de compte, nous ne sommes pas éternels, et nous quitterons ou serons quittés, de toute façon, un jour ou l'autre, d'une façon ou d'une autre. Oui, de toute façon. 
Ma seule déception serait que nous ne fassions pas tout ce qu’il faut pour trouver du bonheur.
Les artistes, la plupart du temps, à leur manière, ne font pas autre chose que de nous lancer ce cri d’amour par la beauté de leurs œuvres.

Prenez dans vos bras, entourez des épaules, osez vos mots, vos sourires, vos encouragements, demain il sera peut-être trop tard.
Il est souvent trop tard.
Peur que cela soit mal perçu, peur de mal faire, peur de voir fuir celle ou celui à qui cela s’adresse.
Tant pis.
Ce qui compte c’est de l’avoir montré ou dit.

Après cela ne dépend plus de nous.
Mais sans doute ai-je eu beaucoup de chance : des départs et des ruptures, il m'est toujours resté des éclats d'étoiles plutôt que des éclats d'obus.
J'ai pu transmuter ces bouts de laiton en pépites d'or.
À moins d'avoir subi sévices et humiliations, il y a toujours cet instant magique qui a existé, qui est enfoui, sans doute, mais il est là, cet instant du début du monde et ce sourire éclatant du cœur à l'instant de la première rencontre.
Pour mes enfants, j'ai appris à dire " je t'aime", quoi que tu sois, à tes propres yeux ou à ceux  du monde, pour toi-même, je t'aime.
À mes petits-enfants aussi, et j'ai aussi appris à leur demander de m'exprimer ce sentiment par de gros câlins tendres et quel bonheur !
 
De ces débuts étoilés, j'ai appris à cuire un steak bleu chaud, un poulet moelleux et une tarte au sucre, à barrer un voilier, à porter un autre regard sur la vie et les choses, à savoir mieux qui se cachait derrière mon ombre, à ouvrir des portes, des serrures et des verrous, à abattre des cloisons, à faire *de mes mots des fenêtres et non des murs* ( voir note en bas de page), à me promener seule parfois,  à faire la différence entre une attirance, et une tendresse véritable, et que "amour-toujours" ne veut plus dire grand chose, alors que nous vivons plus vieux.
J'ai appris que vivre à deux demande le désir de bâtir, et que je n'aime pas ce mot de "concessions"!
C'est de confiance mutuelle qu'il s'agit et de vérité.
J'ai encore appris que chacun a besoin d'espace, de temps pour lui-même et que cela n'enlève rien aux sentiments, mais aussi à me taire ou à m'exprimer avec délicatesse et empathie et à ne pas exiger ce que je ne voudrais pas que l'on exige de moi, et encore... à exprimer mes besoins et à entendre les tiens.

Je ne peux qu'essayer de transmettre ce que j'ai vécu, où domine l'insatiable besoin de te comprendre, toi, l'autre, et de me déconstruire sans cesse pour me rebâtir et devenir une personne plus en accord avec sa nature profonde.
Chaque rencontre a été un maître, chaque pas vers toi,
qui que tu fus, fut un pas vers moi,  et quoiqu'il nous soit arrivé.
De vous me restent des poussières d'étoiles et des souvenirs en pagaille, des "câlins serrés" affectueux et des baisers enflammés, des douleurs et des douceurs.

De vous il me restera des pages entières d'amour et de tendresse.




Magnifique livre de Marshall Rosenberg et communication non-violente.

https://booknode.com/les_mots_sont_des_fenetres_ou_bien_ce_sont_des_murs_084224/extraits


Mona MacDee