vendredi 29 mars 2024

ÉCO-ANXIÉTÉ ET PEUR DE L'AVENIR- Lettre à mes enfants.

 

As-tu peur ? Peur de demain ? D'après-demain ? Peur pour les tiens ? Pour toi-même ? Peur, peur, anxiéte, angoisses, sueurs diffuses par moment, le ventre noué, le plexus bloqué ? Qu'est-ce qui t'angoisse le plus ? Les guerres, le climat, la violence, le racisme, la xénophobie, ou toute autre raison ? Quelles sont tes sources d'information ? As-tu besoin de t'en nourrir au rythme effréné que tu t'imposes, sous prétexte que "il faut être au courant de ce qu'il se passe dans le monde ." Qu'est-ce que cela t'apporte réellement ? Qu'est-ce que cela change réellement aux évènements qui, sans cesse, font la Une des journaux papier ou télévisés ? Eux s’intéressent surtout à captiver ton attention, à vendre et à faire de l'audimat. Du monde, ils s'en foutent. Il y a des sujets pour lesquels tu as un véritable intérêt, et là, dans ton environnement immédiat, que peux-tu faire ? Car c'est là, dans une action limitée et de proximité, que tu pourras trouver un peu de paix et de sérénité, parce que tu seras dans l'action, aussi banale et démunie d'exceptionnel qu'elle te paraisse :  tu as peur pour le climat : diminue ta consommation d'énergie, d'eau, d'essence, et ta soif d'ailleurs en limitant tes voyages en avion. Trouve toutes les actions possibles et tu verras ton anxiété diminuer car tu -feras-. Tu as peur des guerres ? Tu sais bien que tu n'as, seul.e, aucun impact sur les décisions des États, mais néanmoins, tu peux rejoindre des initiatives citoyennes, des groupes qui partagent tes désirs de paix et entreprennent des actions. Mets en pratique des techniques comme la Communication Non Violente, pour entretenir la paix dans tes relations ! Regarde les autres vraiment, souris, fais un câlin à qui veut bien, caresse une épaule voûtée. Là encore tu iras mieux car -tu feras-. Analyse ainsi chaque peur qui t'habite et cherche ce que tu peux Faire dans un cercle restreint, pour trouver de petites solutions et tu verras le stress diminuer. Retire-toi au maximum des télés, des radios, des " news" en boucle, qui te rendent accro au même titre qu'une drogue, car cela te donne l'impression, mais l'impression seulement que tu contrôles, que tu gères, que tu comprends et que, entre la poire et le fromage, tu es compatissant ! Ce n'est que de la poudre aux yeux, de la distraction délétère, un opium qui te rends apte à l'obéissance. Éloigne-toi des gens, même parfois d'amis qui assombrissent tes pensées par la régurgitation constante des mots noirs qu'ils ont lus ou entendus, par leurs plaintes quand ils oublient de manifester de la gratitude pour la vie en paix que nous vivons ici. Accepte parfois le silence total ou presque lorsque tu es seul.e. Accepte de réfléchir, non de sombrer, à ce qui est en ton pouvoir et ce qui ne l'est pas et alors, agis si tu peux, si tu veux. Si tu ne peux, accepte cela, pars te promener même dans un petit parc proche, et ne me dis pas que tu n'as pas le temps ! Nous passons un temps fou devant nos écrans ! Tu ne peux sortir ? Accepte le silence total pendant un moment, tu sais celui où on finit  par entendre le sang battre dans nos oreilles, ce silence où même dans une rue de la ville, tu n'entends que le son léger d'une voiture au loin, l'aboiement d'un chien, et par la fenêtre de cette rue grise, regarde les nuages défiler entrelacés d'un peu de bleu, parfois. Si tu as envie de revenir à ton écran, vas-y, tu n'es pas en punition ni en retenue, mais choisis ce que tu laisses entrer en toi et limite le crime et l'horreur, au moins avant de te coucher et tu verras. Pas après pas, tu refuseras bientôt d'être envahi et tu retrouveras ta capacité de réfléchir par toi-même sur les sujets qui t’intéressent réellement. La liberté totale est une illusion, mais tu peux t'en approprier  une partie, celle de couper, un moment, ta connexion pour te reconnecter au vivant. 

 

 

Texte et photo Mona MacDee

dimanche 10 mars 2024

Pessimiste ? Souris ! La relève arrive.

 

Que les choses et l’ambiance actuelles ne soient pas joyeuses, est un fait pour beaucoup de gens. Que la plupart des privilégiés et des moins privilégiés ne veuillent pas modifier leur façon de vivre et de consommer, est un autre fait.
Les conversations d’un groupe d’hommes, ce matin près de moi, étaient d’un pessimisme noir, tout cela devant leurs cafés, tranquilles, en attente des matchs de foot du jour.
Allons-nous continuer jusqu’à l’ultime essoufflement, de fonctionner «  comme avant » , accrochés, du haut en bas de la pyramide, à des valeurs devenues obsolètes : vouloir plus, consommer plus, ne surtout rien vouloir changer sous prétexte que « pourquoi est-ce que moi je le ferais alors que d’autres plus nantis, ou moins nantis d’ailleurs, ne font rien ? Pourquoi serait-ce à moi de réduire mes prétentions, mes désirs ? »
Nous avons dilapidé l’énergie, tous autant que nous sommes, et la crise que nous vivons, conséquence partielle de la pandémie, ( car celle-ci n’a fait que mettre en lumière la partie émergée de l’iceberg ), nous demande une refonte complète de notre manière de vivre, chacun dans son environnement propre, sans se soucier si le voisin fait quelque chose ou non.
Nous pouvons nous passer de tellement de choses, consommer moins d’énergie, éviter les voitures quand c’est possible, modifier des habitudes de vie qui nous ont sclérosés. Nous serons obligés de regarder en face nos abus, mais pour le moment, nous gardons nos œillères, persuadés que les choses redeviendront comme elles étaient. 

Rien ne redevient jamais comme avant. Rien. 

J’entendais aussi vitupérer sur « la » jeunesse, comme si celle-ci dans son entier était vouée à l’échec et entraînait notre monde dans sa chute, comme si rien de bien ne pouvait provenir d’eux, d’elles, comme si il n’y avait pas de futur possible car ces hommes n’envisageaient pas un futur différent de celui qu’ils avaient connu.
Les médias détruisent l’espérance, nous matraquent à longueur de journée de qualificatifs dramatiques et se gardent bien, ( volonté d’une certaine élite ou non ) de nous faire parvenir les échos de tout se qui se fait de bien, de beau, de durable, de solidaire sur notre planète. 

La blessure d’un joueur de foot fait la Une, mais pas ou peu - La grande muraille verte- commencée en 2007 pour reverdir le Sahara ( sera-ce un succès ou un échec, seul l’avenir le dira mais, au moins on essaye ! ) ;  on parle peu des avancées technologiques dues aux diverses découvertes faites dans l’espace et qui ont été à la source de progrès dans bien des domaines. ( On trouve des dizaines d’articles scientifiques sur le net à ce sujet. ).
Bien sûr, de prime abord, cela me navre aussi de voir une certaine tranche de population dépendante des écrans, mais on ne sait jamais ce qui va advenir, ni si tout à coup un grand dégoût de ce manque de liens ne va pas les réveiller, ni si d’eux ne viendra pas le salutaire éveil des consciences dont parle  Sébastien Bohler, journaliste de formation scientifique, à propos de la manière dont fonctionne notre cerveau et sur lequel nous pouvons agir «  en conscience ».  

Qui imagine les services que pourra rendre l’intelligence artificielle, qui pourrait être destinée, par exemple, au maintien des personnes malades, âgées, ou souffrant de divers handicaps, à domicile, leur permettant de demeurer dans leur environnement habituel. 

Il n’y a jamais eu d’invention uniquement destinée au bonheur de l’être humain : le chercheur… cherche, trouve parfois, après c’est une autre histoire ! 

Nous n’enrayerons pas ce processus, mais nous avons la possibilité de prendre en main une grande partie de notre avenir en modifiant en profondeur, notre manière de penser l’avenir, de consommer, de nous nourrir, de nous vêtir et de faire les choix les plus judicieux pour notre survie et celle de nos enfants.

Extrait du poème «  Seuls et vaincus » de Christiane Taubira musique et chant par Gaël Faye.
« Et vos enfants joyeux et vifs feront rondes et farandoles
Avec nos enfants et leurs chants,
et s’aimant sans y prendre garde
Vous puniront en vous offrant
des petits-enfants chatoyants ».

Être réaliste ? Oui, défaitiste, certes non. Laissons les médias mainstream à leurs délires, renseignons-nous auprès de médias indépendants ou presque, et choisissons ce que nous regardons, lisons, tout comme ce que nous mangeons, en toute conscience et un peu de foi en les générations qui suivent. 

 

 

 

Mona MacDee 


Seuls et vaincus. Gael Faye/poésie de Chritiane Taubira

Écologie : https://www.imagine-magazine.com/

Investigation : https://medor.coop/magazines/

mercredi 6 mars 2024

N'oublie pas la tendresse.



Ces mots que l’on dit trop, pas assez ou à mauvais escient, que l’on retient, par peur, que l’on dit pour les recevoir en retour.
Ces mots qui nous libèrent ou nous emprisonnent. 

Ce sont les mots les plus doux, les plus difficiles, les plus raisonnables parfois, ceux auxquels nous devrions réfléchir le plus :  Je vous aime, je t’aime.
Que ce soit à nos proches, nos amies, nos amis, nos compagnons ou compagnes, nos amants ou amantes.
À ne pas les dire, à ne pas les manifester ( car il y a mille manières de dire je t’aime), l’autre ne le saura peut-être jamais.
Lire dans les pensées, est chose bien rare.
Qu’est-ce que c’est que "aimer" pour vous ?
Pour moi, c’est le profond désir de voir l’autre heureux, le plus possible. Qu'il nous quitte, nous fera mal, bien sûr, mais en fin de compte, nous ne sommes pas éternels, et nous quitterons ou serons quittés, de toute façon, un jour ou l'autre, d'une façon ou d'une autre. Oui, de toute façon. 
Ma seule déception serait que nous ne fassions pas tout ce qu’il faut pour trouver du bonheur.
Les artistes, la plupart du temps, à leur manière, ne font pas autre chose que de nous lancer ce cri d’amour par la beauté de leurs œuvres.

Prenez dans vos bras, entourez des épaules, osez vos mots, vos sourires, vos encouragements, demain il sera peut-être trop tard.
Il est souvent trop tard.
Peur que cela soit mal perçu, peur de mal faire, peur de voir fuir celle ou celui à qui cela s’adresse.
Tant pis.
Ce qui compte c’est de l’avoir montré ou dit.

Après cela ne dépend plus de nous.
Mais sans doute ai-je eu beaucoup de chance : des départs et des ruptures, il m'est toujours resté des éclats d'étoiles plutôt que des éclats d'obus.
J'ai pu transmuter ces bouts de laiton en pépites d'or.
À moins d'avoir subi sévices et humiliations, il y a toujours cet instant magique qui a existé, qui est enfoui, sans doute, mais il est là, cet instant du début du monde et ce sourire éclatant du cœur à l'instant de la première rencontre.
Pour mes enfants, j'ai appris à dire " je t'aime", quoi que tu sois, à tes propres yeux ou à ceux  du monde, pour toi-même, je t'aime.
À mes petits-enfants aussi, et j'ai aussi appris à leur demander de m'exprimer ce sentiment par de gros câlins tendres et quel bonheur !
 
De ces débuts étoilés, j'ai appris à cuire un steak bleu chaud, un poulet moelleux et une tarte au sucre, à barrer un voilier, à porter un autre regard sur la vie et les choses, à savoir mieux qui se cachait derrière mon ombre, à ouvrir des portes, des serrures et des verrous, à abattre des cloisons, à faire *de mes mots des fenêtres et non des murs* ( voir note en bas de page), à me promener seule parfois,  à faire la différence entre une attirance, et une tendresse véritable, et que "amour-toujours" ne veut plus dire grand chose, alors que nous vivons plus vieux.
J'ai appris que vivre à deux demande le désir de bâtir, et que je n'aime pas ce mot de "concessions"!
C'est de confiance mutuelle qu'il s'agit et de vérité.
J'ai encore appris que chacun a besoin d'espace, de temps pour lui-même et que cela n'enlève rien aux sentiments, mais aussi à me taire ou à m'exprimer avec délicatesse et empathie et à ne pas exiger ce que je ne voudrais pas que l'on exige de moi, et encore... à exprimer mes besoins et à entendre les tiens.

Je ne peux qu'essayer de transmettre ce que j'ai vécu, où domine l'insatiable besoin de te comprendre, toi, l'autre, et de me déconstruire sans cesse pour me rebâtir et devenir une personne plus en accord avec sa nature profonde.
Chaque rencontre a été un maître, chaque pas vers toi,
qui que tu fus, fut un pas vers moi,  et quoiqu'il nous soit arrivé.
De vous me restent des poussières d'étoiles et des souvenirs en pagaille, des "câlins serrés" affectueux et des baisers enflammés, des douleurs et des douceurs.

De vous il me restera des pages entières d'amour et de tendresse.




Magnifique livre de Marshall Rosenberg et communication non-violente.

https://booknode.com/les_mots_sont_des_fenetres_ou_bien_ce_sont_des_murs_084224/extraits


Mona MacDee