mardi 12 août 2025

À propos de "Gros Câlin" de É mile Ajar ( Romain Gary )

 

Je sors hilare, dévastée par ce petit bouquin d’Émile Ajar, autre nom de Romain Gary : Gros Câlin.

« La vie devant soi » je l’avais lu, mais pas celui-ci.
Comme Gros Câlin, un python de 2m20, je m’enroule autour de moi-même, anneaux constricteurs de tendresse retenue puisque dehors  « …chacun est rempli d’amour qu’il garde en son fort intérieur… » ( oui fort avec un t !).


Comme un python, lovée  sur le divan du psy, j’entame ma énième mue.
À l’intérieur des taches de plus en plus grandes de pourritures et je sens sur ma peau les reptations de ce qui, trop étriqué, s’en va.
La peau glisse en vagues successives et git sur le tapis persan du cabinet des horreurs.
Lui, il me regarde de derrières ses lunettes, et à la séance suivante de derrière ses lentilles, coquetterie de cet homme au cerveau à mobilité pas du tout réduite.( il n’a plus l’usage de ses jambes.)
Neuve et toujours pareille, j’émerge, les yeux plus brillants peut-être, prête à repartir à ma reconquête.
On n’en finit jamais de muer et de rester pareil cependant.
Enrouler nos anneaux à d’autres et cependant devenir capables, une fois la mue terminée, de tendrement nous enserrer dans nos propres circonvolutions quand l’amour reste désespérément coincé dans leurs « forts intérieurs », par peur du risque d’aimer mal ou d’aimer trop. 

Texte et photo Mona MacDee

mercredi 7 mai 2025

Matières et Délires. mise à jour Octobre 2025

"Ce que donne un tableau accroché dans un appartement./

Ma cuisine quand je peins ! 

Et bien sûr les prix sont adaptables. Si vraiment  une toile vous plaît, mais un peu "serré", parlez-m'en. 

 
 

 
Les encadrements de toutes les peintures sont fictifs pour donner une idée !
M’amuser, utiliser de la matière, sable, terre, papier  dilué dans de la colle, éviter autant que possible les « prêts à l’emploi » pour le plaisir de la découverte ;  me salir, recommencer, éclabousser ma cuisine-atelier ! En photographie, j'aime les lieux abandonnés, les rouilles, les graffitis aujourd'hui disparus, et les rouilles se manifestent aussi dans la peinture.
Peinture abstraite à l'acrylique, parfois rehaussée de lettrages aux "Posca".
Parfois aussi bombes aérosol, inclusion de métal, de cordes et la plupart du temps les toiles sont structurées ; je n'aime pas les surfaces lisses.
Couleurs issues des primaires, du blanc de titane et de noir,  j'utilise peu les couleurs toutes faites sauf le turquoise. Celui-ci, les bleus et le jaune de cadmium sont souvent présents, ainsi que les lignes et formes géométriques mais aussi les cercles sous la forme de galaxies.
Pas de projet précis : la musique ou le silence et l’univers m’inspirent.
Formats divers de 20x20 à 120x80
Ancienne secrétaire, retraitée et femme aux mille métiers, ou plutôt aux mille emplois par la force des choses. Autodidacte, j’ai toujours tout appris sur le terrain, et curieuse encore, je vis en phase avec mon époque, même sur le plan numérique !
Blogueuse depuis 13 ans, blogs où je partage mes textes, poésies et témoignages de mes  « troubles de l’humeur », photos et peintures. Écrivaine - poétesse depuis l'adolescence, photographe depuis 12 ans  et peintre par « crises » depuis 1998. Mais l'heure est de ranger tout ça, et sans nostalgie. La vie est changement !


Les dernières nées, et puis vacances, dans le sens de être vacante...!
 
Les enfants d'Europe et d'Io

            40x40 - 75€. Référence alambiquée à 2010 Odyssée de l'Espace et le départ des Monolithes
.      



 
Ondes et particules
Nébuleuse










25x30- vendue



"Didjeridoo" Acrylique 60x60cm. 185€  

"Galaxie Bleue" Acrylique 70X70cm 250€

"Andromède" Acrylique 70x50cm 120e

"Lumière dans les ténèbres" Acrylique 50x50cm retenu 

"Salamandre" Acrylique 50x50cm 230€

"Géométrie" Acrylique 70x70cm peut-être vendu.
 
 
"Walk of Fame" Acrylique 70x50cm.220€

"Le Grand Bleu. Passages" Acrylique 120x80cm 350€  
"Is there anybody out there" 70x 70 en 2020 ! 210€     
 
Vous vous souvenez n’est-ce pas ? 2020, 2021…
Cette année là entre Avril et fin juillet,
Prise de frénésie, je n’arrêtais que pour manger et, à peine.
Et j’écoutais à ce moment Pink Floyd : «  Is there anybody out there » et c’était prédestiné.

"Fleurs dans le noir" Acrylique 50x50cm 130€

"Incendies !" Acrylique 60x40cm 150€


"La petite qui n'existait pas" Acrylique et collage 70x50cm prix à convenir
 
Chaque peinture a une histoire. Il y a des enfances volées. La petite fille en gris, c'est la photo d'un graffiti trouvé au bas d'un mur à Mons en 2017.
Cette petite qui cherche à exister au travers de mes textes, photos ou peintures existe toujours au sein de cette femme âgée que je deviens.

Chez moi !


1000 idées fusent dans mon cerveau à toute heure du jour ou de la nuit.
1000 mots, Poèmes, textes que j'oublie au réveil.
Ça bouillonne et l'âge n'y a rien fait.
Intéressée par tout, par l'humain d'abord, par notre solitude intérieure même quand nous sommes entourés, par la photo, comme par la peinture, par l'astronomie, l'astrophysique, sans y connaître rien, pour la beauté de la découverte, par les technologies même les plus récentes, pour savoir l'utiliser mais y découvrir aussi comment ne pas en être esclave, par  l'écriture, évidement, compagne fidèle de toujours, par tous les métiers, emplois qui furent les miens puisque  j'ai quitté l'école à 17 ans.
 
 

"Rouilles et reflets" 60x60cm 210€ retenu à confirmer

Finitions des bords "prêts à pendre !"


Aucun tableau n'est de près ou de loin lié à un travail avec IA ! 
Ils sont mes œuvres propres de ces 4 dernières années.
Les matériaux utilisés sont de chez Schleiper pour la plupart. Pas de peintures bon marché.
Un vernis satiné est appliqué pour le maintien des couleurs dans le temps.
Les peintures peuvent être vues chez moi sur rendez-vous.

Vous trouverez un bouton de traduction à droite du blog.
Daar is een knopje om te vertalen op de rechte kant van deze blog.
Translate button on the right side of this blog  

e-Mail Mona : mona.vanasch@gmail.com

 

Et les plus petits : 

Alone. 25x25 30€

Brain on fire   30x40  40€

20x20  20€ Vendu

Collage métal 30x40   40€

Reflet 30 x 30  30€

La ligne rose25x25  30€ retenu

 Just had fun 130x40   30€

Just had fun 2  30x40  30€

20x20   Vendu

20x20  20€


Pas à vendre.  100 x 50 cm
  
 

Peinture Fluide 30x30  35€ retenu


 
Art fluide  Mars 30 x 30  30€
 
 9ème planète 50x50cm  190 €
 
Géometria 2    70 x 70 cm  210€

samedi 4 mai 2024

Minuscules


Minuscules, même pas de la taille d’une particule élémentaire, voilà ce que nous sommes dans l’univers, nous les humains, arrogants, parce que ce miracle nous est tombé dessus, sur cette petite planète bleue qui tourne comme une toupie : la vie  !
Assez arrogants pour nous penser les seuls.
Alors à toi mon ami qui te plains que «  tout est foutu », que l’humanité n’a pas d’avenir, et qu’à cause de cela tu te détruis, je te répondrai qu’elle n’en jamais eu.
Elle se pense éternelle, mais a toujours été vouée à la disparition, à la mutation, à la transformation, comme toute chose dans les milliards de galaxies, les milliards d'étoiles et de planètes.
Notre soleil se transformera en super-nova, un trou noir nous avalera, obsolescence programmée ?
Des civilisations anciennes ont connu une apogée et ont disparu, pourquoi en serait-il autrement de la nôtre ?
C’est pourquoi mon ami, je te dis qu’il faudrait chaque jour célébrer ce miracle de l’existence, cet extraordinaire outil vivant qu’est notre corps que nous polluons, abîmons et qui bien plus que les églises, les mosquées et les synagogues, est notre temple personnel.
Chaque jour, la gratitude pour ces instants de grâce devrait nous gonfler le cœur même lorsque de trop grandes émotions semblent vouloir nous le briser.
N’oublie jamais que nous ne sommes que ce point à peine visible perdu dans l’infini, mais imbu de lui-même et qui, dans l’instant, pourrait être écrasé comme un moustique sur un pare-brise, par une contraction soudaine de l’univers, agacé par cette puce insolente qui le fait se gratter jusqu’au sang !
Gratitude à chaque lever de soleil, à chaque ciel plombé, à chaque goutte de pluie, aux vagues de l’océan, aux dunes chantantes, au vols d’oies sauvages ; gratitude pour le sourire reçu et celui donné ; gratitude pour l'arbre encore debout qui offre son ombre.




Tu me dis que nous ne sommes pas égaux ?  Raison de plus pour apprécier l’incroyable chance qui fait de certains de nous des privilégiés, si, si, même toi ! 
Moi aussi je secoue de mes épaules ces plaintes accrochées qui disent : je n’ai jamais assez et je veux plus !
Cependant, si nous sommes arrogants, mécontents, déprimés, violents et tristes, si nous rions trop fort, si nous avons tant besoin d’être aimés, si notre manque est sidéral, c’est aussi parce que, perdus dans cette immensité infinie, nous sommes sans doute les seuls à avoir conscience de notre finitude.

Alors foutus pour foutus, chaque fois qu’une ombre se pose sur notre dos et nous force à nous mettre à genoux, chaque fois, si nous pouvons le voir, il y aura un sourire, un clin d’oeil, un peu de tendresse, un peu de chaleur humaine, un roseau penché sur l’étang, le regard d’un chien, une main sur la nôtre : rien n’aura plus d’importance : nous nous relèverons et, conscients de notre petitesse, nous nous reprendrons à sourire à cette vie si douce et si difficile.




Texte Mona MacDee Acrylique Mona MacDee  Photos de Pixabay ( libres de droits)

vendredi 29 mars 2024

ÉCO-ANXIÉTÉ ET PEUR DE L'AVENIR- Lettre à mes enfants.

 

As-tu peur ? Peur de demain ? D'après-demain ? Peur pour les tiens ? Pour toi-même ? Peur, peur, anxiéte, angoisses, sueurs diffuses par moment, le ventre noué, le plexus bloqué ? Qu'est-ce qui t'angoisse le plus ? Les guerres, le climat, la violence, le racisme, la xénophobie, ou toute autre raison ? Quelles sont tes sources d'information ? As-tu besoin de t'en nourrir au rythme effréné que tu t'imposes, sous prétexte que "il faut être au courant de ce qu'il se passe dans le monde ." Qu'est-ce que cela t'apporte réellement ? Qu'est-ce que cela change réellement aux évènements qui, sans cesse, font la Une des journaux papier ou télévisés ? Eux s’intéressent surtout à captiver ton attention, à vendre et à faire de l'audimat. Du monde, ils s'en foutent. Il y a des sujets pour lesquels tu as un véritable intérêt, et là, dans ton environnement immédiat, que peux-tu faire ? Car c'est là, dans une action limitée et de proximité, que tu pourras trouver un peu de paix et de sérénité, parce que tu seras dans l'action, aussi banale et démunie d'exceptionnel qu'elle te paraisse :  tu as peur pour le climat : diminue ta consommation d'énergie, d'eau, d'essence, et ta soif d'ailleurs en limitant tes voyages en avion. Trouve toutes les actions possibles et tu verras ton anxiété diminuer car tu -feras-. Tu as peur des guerres ? Tu sais bien que tu n'as, seul.e, aucun impact sur les décisions des États, mais néanmoins, tu peux rejoindre des initiatives citoyennes, des groupes qui partagent tes désirs de paix et entreprennent des actions. Mets en pratique des techniques comme la Communication Non Violente, pour entretenir la paix dans tes relations ! Regarde les autres vraiment, souris, fais un câlin à qui veut bien, caresse une épaule voûtée. Là encore tu iras mieux car -tu feras-. Analyse ainsi chaque peur qui t'habite et cherche ce que tu peux Faire dans un cercle restreint, pour trouver de petites solutions et tu verras le stress diminuer. Retire-toi au maximum des télés, des radios, des " news" en boucle, qui te rendent accro au même titre qu'une drogue, car cela te donne l'impression, mais l'impression seulement que tu contrôles, que tu gères, que tu comprends et que, entre la poire et le fromage, tu es compatissant ! Ce n'est que de la poudre aux yeux, de la distraction délétère, un opium qui te rends apte à l'obéissance. Éloigne-toi des gens, même parfois d'amis qui assombrissent tes pensées par la régurgitation constante des mots noirs qu'ils ont lus ou entendus, par leurs plaintes quand ils oublient de manifester de la gratitude pour la vie en paix que nous vivons ici. Accepte parfois le silence total ou presque lorsque tu es seul.e. Accepte de réfléchir, non de sombrer, à ce qui est en ton pouvoir et ce qui ne l'est pas et alors, agis si tu peux, si tu veux. Si tu ne peux, accepte cela, pars te promener même dans un petit parc proche, et ne me dis pas que tu n'as pas le temps ! Nous passons un temps fou devant nos écrans ! Tu ne peux sortir ? Accepte le silence total pendant un moment, tu sais celui où on finit  par entendre le sang battre dans nos oreilles, ce silence où même dans une rue de la ville, tu n'entends que le son léger d'une voiture au loin, l'aboiement d'un chien, et par la fenêtre de cette rue grise, regarde les nuages défiler entrelacés d'un peu de bleu, parfois. Si tu as envie de revenir à ton écran, vas-y, tu n'es pas en punition ni en retenue, mais choisis ce que tu laisses entrer en toi et limite le crime et l'horreur, au moins avant de te coucher et tu verras. Pas après pas, tu refuseras bientôt d'être envahi et tu retrouveras ta capacité de réfléchir par toi-même sur les sujets qui t’intéressent réellement. La liberté totale est une illusion, mais tu peux t'en approprier  une partie, celle de couper, un moment, ta connexion pour te reconnecter au vivant. 

 

 

Texte et photo Mona MacDee

dimanche 10 mars 2024

Pessimiste ? Souris ! La relève arrive.

 

Que les choses et l’ambiance actuelles ne soient pas joyeuses, est un fait pour beaucoup de gens. Que la plupart des privilégiés et des moins privilégiés ne veuillent pas modifier leur façon de vivre et de consommer, est un autre fait.
Les conversations d’un groupe d’hommes, ce matin près de moi, étaient d’un pessimisme noir, tout cela devant leurs cafés, tranquilles, en attente des matchs de foot du jour.
Allons-nous continuer jusqu’à l’ultime essoufflement, de fonctionner «  comme avant » , accrochés, du haut en bas de la pyramide, à des valeurs devenues obsolètes : vouloir plus, consommer plus, ne surtout rien vouloir changer sous prétexte que « pourquoi est-ce que moi je le ferais alors que d’autres plus nantis, ou moins nantis d’ailleurs, ne font rien ? Pourquoi serait-ce à moi de réduire mes prétentions, mes désirs ? »
Nous avons dilapidé l’énergie, tous autant que nous sommes, et la crise que nous vivons, conséquence partielle de la pandémie, ( car celle-ci n’a fait que mettre en lumière la partie émergée de l’iceberg ), nous demande une refonte complète de notre manière de vivre, chacun dans son environnement propre, sans se soucier si le voisin fait quelque chose ou non.
Nous pouvons nous passer de tellement de choses, consommer moins d’énergie, éviter les voitures quand c’est possible, modifier des habitudes de vie qui nous ont sclérosés. Nous serons obligés de regarder en face nos abus, mais pour le moment, nous gardons nos œillères, persuadés que les choses redeviendront comme elles étaient. 

Rien ne redevient jamais comme avant. Rien. 

J’entendais aussi vitupérer sur « la » jeunesse, comme si celle-ci dans son entier était vouée à l’échec et entraînait notre monde dans sa chute, comme si rien de bien ne pouvait provenir d’eux, d’elles, comme si il n’y avait pas de futur possible car ces hommes n’envisageaient pas un futur différent de celui qu’ils avaient connu.
Les médias détruisent l’espérance, nous matraquent à longueur de journée de qualificatifs dramatiques et se gardent bien, ( volonté d’une certaine élite ou non ) de nous faire parvenir les échos de tout se qui se fait de bien, de beau, de durable, de solidaire sur notre planète. 

La blessure d’un joueur de foot fait la Une, mais pas ou peu - La grande muraille verte- commencée en 2007 pour reverdir le Sahara ( sera-ce un succès ou un échec, seul l’avenir le dira mais, au moins on essaye ! ) ;  on parle peu des avancées technologiques dues aux diverses découvertes faites dans l’espace et qui ont été à la source de progrès dans bien des domaines. ( On trouve des dizaines d’articles scientifiques sur le net à ce sujet. ).
Bien sûr, de prime abord, cela me navre aussi de voir une certaine tranche de population dépendante des écrans, mais on ne sait jamais ce qui va advenir, ni si tout à coup un grand dégoût de ce manque de liens ne va pas les réveiller, ni si d’eux ne viendra pas le salutaire éveil des consciences dont parle  Sébastien Bohler, journaliste de formation scientifique, à propos de la manière dont fonctionne notre cerveau et sur lequel nous pouvons agir «  en conscience ».  

Qui imagine les services que pourra rendre l’intelligence artificielle, qui pourrait être destinée, par exemple, au maintien des personnes malades, âgées, ou souffrant de divers handicaps, à domicile, leur permettant de demeurer dans leur environnement habituel. 

Il n’y a jamais eu d’invention uniquement destinée au bonheur de l’être humain : le chercheur… cherche, trouve parfois, après c’est une autre histoire ! 

Nous n’enrayerons pas ce processus, mais nous avons la possibilité de prendre en main une grande partie de notre avenir en modifiant en profondeur, notre manière de penser l’avenir, de consommer, de nous nourrir, de nous vêtir et de faire les choix les plus judicieux pour notre survie et celle de nos enfants.

Extrait du poème «  Seuls et vaincus » de Christiane Taubira musique et chant par Gaël Faye.
« Et vos enfants joyeux et vifs feront rondes et farandoles
Avec nos enfants et leurs chants,
et s’aimant sans y prendre garde
Vous puniront en vous offrant
des petits-enfants chatoyants ».

Être réaliste ? Oui, défaitiste, certes non. Laissons les médias mainstream à leurs délires, renseignons-nous auprès de médias indépendants ou presque, et choisissons ce que nous regardons, lisons, tout comme ce que nous mangeons, en toute conscience et un peu de foi en les générations qui suivent. 

 

 

 

Mona MacDee 


Seuls et vaincus. Gael Faye/poésie de Chritiane Taubira

Écologie : https://www.imagine-magazine.com/

Investigation : https://medor.coop/magazines/

dimanche 6 novembre 2022

Poussières cosmiques.

Légère, je suis faite de la transparence laiteuse de ma galaxie,
de myriades d’étoiles,
de nuages de poussières cosmiques,
de nébuleuses multicolores,
de planètes incandescentes ou glacées,
de comètes fugaces.
Lourde aussi des millions d’années-lumière qui nous séparent, toi et moi,
par l’expansion sans fin de l’univers qui fait de nous des étrangers à jamais inaccessibles.
Choc inattendu de deux astéroïdes flottant dans le vide,
rencontre et danse amoureuse lente et sans avenir,
chacun sur une orbite bientôt différente,
nous nous frôlons dans un fracas inaudible aux autres,  
et filons vers un futur à jamais inconnu, des parts de nous arrachées.  
Continuerons-nous notre course folle à travers l’espace ?
Un hasard facétieux nous fera-t-il nous croiser ?
Ressentirais-je ce petit pincement de manque… et toi ?
Orion se déploie au-dessus des toits lépreux dans la nuit bleue de ma ville malgré ses lumières,
et, fascinée par la beauté, je t’oublie.. un peu.
Tu fais partie des poussières d’étoiles de celles et de ceux qui ont traversé ma vie : personne ne nous quitte jamais vraiment et nous ne quittons personne, aucune rencontre n’est anodine et notre cœur demeure gros d’amour même quand celui-ci n’est plus. 

 

 

Mona MacDee

samedi 30 avril 2022

Burkina Faso, asbl Modibo: un voyage du coeur.













Maquis de Michael
 Pas le coeur poète en ce moment. Certains demandent qu'on cesse de poster des récits de voyage, mais je sais qu'à d'autres cela fait du bien. Alors je suis mon intuition et re-publie ce "Voyage du coeur' au Burkina. Les photographies sont visibles sur le lien dans le blog, sous forme de Diaporama. À mes amies et amis de là-bas. avec affection. 
( CONFINEMENT 2020)

https://vimeo.com/264072161   Les photos sous forme de Vidéo. 

2012, Janvier, réservation de billets pour le Burkina-Faso. 
9 mois à attendre ou presque : une gestation.
Septembre: Valises bouclées, lourdes de vêtements et de cadeaux.
Accompagnées de notre amie, Christel, qui a fondé une asbl de parrainage là-bas, ma soeur et moi, nous nous envolons pour rendre visite à nos filleuls et filleules de l’association Modibo, qui, à ce jour, parraine une soixantaine d’enfants.
Pour ma soeur, c’est une première africaine : je la préviens du choc qu’elle va probablement ressentir. 
Très sûre d’elle, elle me répond  « Oh, mais tu sais j’ai vu pas mal de reportages ! »
Je ris sous cape: « attends de voir, de sentir, de toucher, de respirer l’Afrique… »

Nous quittons Bruxelles pour Paris d’où décolle notre vol pour Ouagadougou. 
Un nom exotique et lointain aux parfums de coco et de cannelle.
Effort de mémoire : cela fait 6 ans déjà!
Paris, café, vol, on atteint Ouaga. 
Le temps de chercher nos bagages, nous voilà déjà en sueur. 
Un ami nous attend et nous emmène en voiture chez le fils de notre amie, qui vit dans un logis sommaire non loin du 
« maquis » qu’il a ouvert, espérant trouver ici une autre façon de vivre qu’en Europe.
Avant goût de la notion de confort : matelas au sol et moto dans la chambre ! 
Épuisées, nous tardons pourtant à trouver le sommeil et…atterrissage des premiers moustiques Burkinabés.
Au réveil, un café, un morceau de pain et en route pour le maquis, situé à à peu près 40 minutes de marche du logis.
Ce départ à travers routes rouges ensablées et « goudrons », la chaleur torride, est une découverte loin des documentaires ! 
Ce n’est pas loin, dit notre ami, mais notre marche paraît longue au travers de ce chemin sculpté par les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la région.
Enfin le maquis, un lieu inattendu : des tables en bois façonnées par des artisans aux mains d’or, des chaises sous les grands arbres ; une vieille caravane ou baraque décorée de couleurs vives.
Les rares habitants du coin, curieux viennent nous saluer.
Nous goûtons pour la première fois à ce breuvage sucré, presque sirupeux, à base de fleurs d’Hibiscus : le Bissap.
Les hommes eux, carburent à la Brakina, bière locale servie en bouteilles de…75cl. Il fait soif au Burkina.

La nuit tombe comme une chape, les moustiques vrombissent, nous baissons nos manches sur nos bras trop blancs et nous nous enduisons copieusement de la crème à l’huile essentielle que j’ai fabriquée avant de partir, pour éviter les produits industriels trop lourds pour l’organisme, et réservé pour les mauvaises surprises dans les endroits où règne le moustique tueur d'enfants. 
Un petit repas frugal : un peu de chèvre, plus d’os que de chèvre, recouverte d’oignons frais. 
J’adore ça, souvenir d’un voyage au Togo en 1996.
Ma soeur très sérieuse, demande :  « où sont les couverts ! » avant de réaliser qu’on mangera aujourd’hui, avec les doigts. 
Les toilettes ? On nous emmène à quelques mètres vers une petite construction de 3 murs et une dalle, un récipient avec de l’eau. 
Ni trou, ni évacuation et débrouille-toi : une des raisons de l’afflux de moustiques attirés par ces eaux usées que l’on retrouve un peu partout en Afrique et ailleurs dans les campagnes et les banlieues des villes. 
Fatiguées, nous regagnons, pour cette nuit encore, le logement de notre ami. 
Demain nous partons pour Bobo-Dioulasso, notre destination. 
Même si le climat africain m’est difficile, je sens profondément que nos racines sont ici, ces racines ancestrales gravées en nous. 

Le matin, un ami vient nous chercher et nous conduire à la gare des bus.
Environ 5h de trajet pour Bobo.

Gare des bus de Ouagadougou

L’Afrique dans toute sa splendeur humaine s’en donne à coeur joie : femmes, hommes et enfants, paquets, valises, paniers, couleurs.
Ça crie et se bouscule.
Pour ma soeur, l’Afrique est en train de la marquer au fer rouge. 
Nous achetons les billets, le bus arrive : bagages en soute et nous montons à bord.
Un peu d’air conditionné fonctionne, mais pour combien de temps ?
Pas d’autres « toubab »,  blanches, que nous dans le car.
Nous n’avons pas trop de tous nos yeux pour admirer le paysage.
Après environ 2h de voyage, un arrêt pour le ravitaillement : mazout pour le bus, toilettes éventuelles et nous sommes prises d’assaut par les petites vendeuses et vendeurs, bassines sur les têtes et qui espèrent gagner de quoi nourrir les leurs ce soir : bananes plantain, arachides, boissons, eau en sachets, pain etc.
Le sol est rouge et boueux, les vêtements des enfants usés, leurs pieds épuisés dans les « tongs » faits de vieux pneus.
Nous avons le coeur gros, à mille lieux de notre confort européen, à des lieux de notre culture.

Dans le bus l’airco tombe en panne. 
Comment songer à se plaindre après ce que nous avons vu ?
Les stores tombent et chacun essaye vaille que vaille de les fixer : le soleil tape dur.

Tout à coup un paysage magique à la Magritte : de magnifiques lacs surmontées de petits cumulus d’un blanc immaculé.
Derrière la beauté, l’horreur : ce ne sont pas des lacs, mais les cultures de maïs et de riz, noyées par les pluies. 
Une épouvantables catastrophe, qui va permettre aux grands lobbies américains de vendre ici leur riz à la hausse !
Sur les routes des ânes malingres tirent des charrettes trop lourdes pour eux, mais que dire alors des femmes, âgées souvent, qui ici jouent le rôle d’éboueuses, et comme des ânesses, tirent des chariots remplis de déchets, pour les emporter plus loin, là-bas, quelque part.

Mais Bobo se profile enfin au loin.
Les enfants que nous n’avons pas entendus une seule fois de tout le voyage se réveillent pourtant écroulés de fatigue, mais retrouvent toute leur joie de rentrer chez eux.
Un taxi nous emmène dans la nuit  vers Villabobo, la maison où nous allons loger.
Notre amie nous a conseillé ce lieu, à une heure du centre de Bobo. 
Ce n’est pas vraiment un hôtel, les chambres sont impeccables, il y a une douche et des toilettes : le luxe !
Pour l’heure, nous ne voulons qu’une chose : notre lit. Demain est un autre jour.

Ani Sogoma! Bonjour
Adanse! Bonne arrivée. 

Nous nous réveillons tôt. 
Des effluves de café arrivent à nos narines. 
J’ai appris quelques mots de Dioula: 

Ani sogoma, bonjour, Ani Tilé ( bonjour à midi), Ani Houla vers 16h,  
Ani su ( bonsoir) et quelques phrases usuelles. 

Cela ouvre bien des portes. 

I kakéné wa ?  Comment vas-tu ? 
Somorodô ? ( et ta famille?). 
Oum kakéné ( Je vais bien.)

Le salon nous attend : sur la table, le café attendu, du pain, et Paul et Alice, maîtres des lieux en l’absence du patron, rarement présent.
Ils sont de la région de Bobo. 
Nous bavardons à bâtons rompus, échangeons nos premières impressions. 
Le salon est entouré par une énorme moustiquaire et nous avons l'impression d'être au coeur du jardin.
Très vite, notre amie et présidente de l’association, va devoir vaquer à sa tâche : l’asbl MODIBO existe depuis maintenant 10 ans.
Le parrainage des enfants coûte environ 20  euros par mois. Certains donnent beaucoup plus, mais la plupart s’acquittent de cette somme modique qui sert à la scolarisation, l’inscription dans les écoles, les fournitures scolaires et les uniformes cousus par Adama Diarra, le couturier. 
Un ancien directeur d’école, Pierre Bangare, est le référent de l’asbl à Bobo sans lequel la gestion en serait bien compliquée.
C’est à moto, derrière Pierre, que Christel s’en va, dès le lendemain visiter les écoles, tandis que nous faisons connaissance avec les lieux proches du petit hôtel.

Le lendemain, visite aux familles de nos filleules et filleuls : Safiatou et Aimé.
L’accueil est mitigé et empreint de part et d’autre d’une certaine gêne. Je me mets à la place de nos hôtes : ne pas pouvoir prendre en charge eux-même l’éducation de leurs filles, et nous qui arrivons d’Europe, nanties, avec des cadeaux et des vêtements, leur est certainement difficile à supporter.
Safiatou a alors 9 ans et se départira peu de sa réserve. Aimé est encore un petit garçon, plus spontané.
Mais il y a Francis, qui a une marraine à Bruxelles et Aboubacar, un grand ado de 16 ans, frère de Modibo, qui vend des objets divers au marché. Mes coups de coeur !
Il m’est impossible de tout raconter, ce serait un livre, et tous les détails n’intéressent personne : ils sont personnels à chacune de nous.

En vrac donc sans ordre chronologique, car tout se mêle un peu dans ma tête : 

je dirai la visite à Banfora, à ses cascades, aux étranges colonnes de pierres et sur la route qui y mène, 
les maisons écroulées sous les pluies ; 

je dirai la joie de nos filleul-e-s à patauger dans la minuscule piscine de l’hôtel ; 

je dirai la visite à la vieille mosquée de Sya, ancienne Bobo-Dioulasso et à la vieille ville où la malaria coule dans les égouts à ciel ouvert et les eaux usées jetées devant les cases et les maisons ; 

je raconterai le repas partagé, les fauteuils mis dans la grande cour, les frites faites pour nous et les chenilles qui ont eu plus de mal à passer nos gosiers ; 

je dirai, dans un éclat de rire, l’autre plat de chèvre dégusté à l’entrée de Banfora, servi dans un emballage de papier brun et le piment jeté par ma sœur, qui, loin de ses fourchettes,  pensait que c’était du déchet et j’ai râlé sur mon piment irrécupérable !

Je raconterai encore la visite faite à la famille Diarra et amis, dans ce que l’on appelle le non-loti , où il n’y a pas d’électricité, un peu d’eau au puits et où toutes les femmes de Diarra tché ( papa Diarra) nous avaient préparé un grand repas, sans savoir que pour des raisons bassement intestinales, nous ne toucherions qu’aux aliments cuits et aux fruits épluchés ; 

les femmes dorment à 3 dans une case de béton de 2,50 x 2,50m avec une grande manne dans un coin où reposent leurs richesses : les pagnes. 
Je n’ai jamais compris, comment elles pouvaient essaimer, telles des reines au port altier, courageuses, amidonnées et parfaites, avec un enfant sur le dos et une bassine sur la tête !

Je dirai les enfants qui m’ont entourée pour la photo de départ et toutes les visites que ces personnes nous ont faites à Bobo, après une marche de 2h sous le soleil dans les rues bosselées ; 

je dirai notre joie de les voir et de les accueillir avec ce luxe de bouteilles d’eau fraîches et de douceurs pour les enfants.

Dans la cuisine, il nous est arrivé de préparer notre repas, puis voyant les uns et les autres arriver, de commencer à vider le frigo pour un repas de 12 au lieu de 4, avec des oeufs, des sardines, du riz, des restes de pâtes et ce qui nous tombait sous la main, tout ça avec des poêles sans manche, des casseroles en alu, bombées et les moyens du bord. 
Et les rires et les sourires de ces soirées.

Il y a eu aussi le marché, torride sous la toile où officient Diarra Tché en tant que couturier et son fils Adama : chaleur, odeurs, gens qui nous sourient, espèrent de l’aide, d’autres méfiants.
Sur le chemin, la rencontre avec une association : Les mangeurs d’arachides. 
Ici les arachides sont omniprésentes : elle permettent de couper la faim, et de manger moins aux repas frugaux.
Puis il y eut cette extraordinaire visite aussi aux femmes qui ramassent, trient, lavent et filent les sacs en plastique usagés jetés aux 4 coins de la ville : elle en font des sacs, des portes-monnaies et autres objets magnifiques et inusables.

Je dirai aussi les « riz gras » dégustés avec Modibo, Christel et Martine, ma soeur au hasard des petits restaurants. Modibo, décédé il y a deux ans des suites d’une mauvaise prise en charge d’une Dengue. 20 ans. Il était à l’origine de la décision de notre amie de créer cette asbl et c’est un fils qu’elle a perdu. 
Un trou qui ne se refermera jamais.
Puis enfin, la distribution des prix, résultats scolaires, musique, danses et photographies, tous et toutes si fièr-e-s dans leurs beaux costumes et leurs belles robes.

Retour. 

Les derniers jours de notre séjour sont arrivés bien trop vite. Notre bagage est maigre désormais.
Je me plains de ma vie, de mes manques et je pense à elles, mais j’oublie vite, trop vite leur vie de combats quotidiens. 
Une bonne vingtaine de personnes, hommes, femmes et enfants nous ont accompagnées à la gare des bus de Bobo : attente, accolades, embrassades, larmes, adieux. 
L’émotion est palpable.
Lorsque le bus démarre, nous n’en finissons pas de faire les gestes de l’à Dieu, adieu,  et pour ma soeur et moi sans doute, sans retour. 
Ils disparaissent dans la poussière rouge des routes.

Autant nous étions loquaces en arrivant, autant le silence pèse à présent.
Les villages défilent, se reconstruisent : « y a pas de problème », acceptation de ce qui est inéluctable, et petite phrase que nous avons entendue souvent. 
Voyage, arrêt, petits commerces et enfin Ouaga…de nouveau. 
Après une nuit de sommeil, nous partons visiter un endroit de la ville où exposent des artisans, dont notre ami Roland qui fabrique meubles et objets à partir de bidons recyclés et de bois. 
Au retour, les odeurs pestilentielles d’essence frelatée et la pollution épouvantable de cette ville aux mille vespas et cyclomoteurs.
Nous nous entassons à 6 dans un taxi, dont l’arrière est rempli de caisses de poissons séchés et d’une bonbonne de gaz qui semble être le carburant de la voiture en piteux état ! Nous préférons ignorer...
L’odeur de poisson séché imprègne nos vêtements et nous éclatons de rire ! 
Notre ami taximen et conteur de Bobo, Ismaël, nous accompagne : il est invité à Paris. 
Enfin il part, pour la première fois de sa vie il quitte l’Afrique, prend un avion et c’est un bonheur de le voir manifester à la fois sa joie enfantine et sa peur au moment de monter dans l’avion.

Cette fois nous partons pour de bon : derniers adieux à l’aéroport.
La nostalgie déjà nous étreint : sourires d’enfants et de femmes, hommes plus réservés parfois, discussions sans fin du matin, crêpes faites dans la cuisine avec des ustensiles très basiques et quelle idée j’ai eu de faire ça par cette chaleur  ! 
Pays aussi musulman et catholique où les mariages mixtes sont légion, où les élèves des 2 religions fréquentent l'école des bonnes sœurs, la meilleure ici!  
Et ce n’est qu’aujourd’hui, 6 ans plus tard, que je raconte en quelques mots ce voyage, preuve s’il en était de combien il nous a marquées.




Allah ka aôn a be deme
Que Dieu nous accorde demain ( avant de se coucher)


Quand on est invité, on ne part pas de soi même 
« on demande la route » !





Texte : Mona MacDee. Photos: Martine et Mona Van Asch