Date de 2015.
Il est un lieu féerique où les fées et les elfes se dissimulent au milieu des herbes folles.
Les fées volètent au-dessus de vieilles machines rouillées qui rêvent du temps où leurs flancs rougissaient sous les assauts des flammes qu'entretenait le charbon.
Des citernes anciennes aux peintures écaillées rivalisent de couleurs florales et les peaux de leurs souvenirs passés se déploient en corolles.
Auprès de feux flamboyants, que les soufflets attisent,
les elfes forgent de nouvelles épées.
Les marteaux s'abattent en cadence sur le métal porté au rouge, au blanc, maintes fois, et les muscles tendus luisent de sueur.
Lorsque la lame est prête, l'eau froide dans laquelle elle est plongée, crépite et l'acier vainqueur n'attend plus que le pommeau de garde et la poignée.
Ils galopent, fantomatiques, sous les voûtes aux pierres écroulées où quelques chats placides sommeillent, indifférents, et se souviennent des derniers dragons ailés.
Pour qui tend l'oreille, rien n'est mort ici.
Tout y vit dans la mémoire :
le ronflement du poêle à charbon et le tirage dans la cheminée par grand vent,
le chuintement du métal qui se tord et se dilate,
le creuset qui bascule et la coulée comme une lave en fusion;
le martèlement des outils,
la transpiration que les mains noircies épongent cicatrisant de noir les fronts épuisés ;
les "chemisettes *" maculées de suie et trouées d'étincelles de feu.
Mémoire du temps ;
mémoire de fer, de feu, de charbon,
mémoire des femmes aussi : quand les premières machines à laver vinrent adoucir leur travail de forçat ;
mémoire de celles et de ceux qui arpentaient les rues pour dénoncer les conditions de travail inhumaines ;
mémoire d'un temps passé dont plus personne ne désire se souvenir.
Pourtant, parce qu'alors tout semblait possible et que tout était à créer, notre siècle vit le jour.
Vous entendrez les bruits sourds des machines s'atténuer et s'arrêter dans un hoquet métallique.
Vous verrez défiler silencieux, les fantômes de notre passé proche : métallos, couturières, modistes, "wattman" "avancez s'il vous plaît. doorschuiven alstublief *" de nos tramways anciens,
sténographes et dactylos,
mineurs aux yeux rougis, cigarette à la commissure, petits porions mal nourris aux genoux cagneux,
quelques suffragettes, fières et corsetées qui scandaient notre liberté ;
et toutes celles et ceux qui se sont battus pour ne plus travailler sept jours sur sept pour un salaire de misère. ( J'ai connu les 6 jours semaine ! Et quelle joie le jour où je pus être en congé le samedi matin.)
Avant de partir, respirez la pierre chauffée au soleil,
caressez l'arrondi d'un mur,
écoutez l'arbre gémir un peu au vent qui se lève,
suivez le regard du tournesol qui se tord le cou pour encore apercevoir un peu son astre,
et puis, en rentrant chez vous, vous verrez qu'au fond de vos yeux, brillent les paillettes des fées.
* Les "wattman" étaient les conducteur de tramway. Le contrôleur était assis à l'arrière et disait dans les deux langues: " Avancez s'il vous plait. Doorschuiven alsjeblieft" !
Textes et Photographies: Mona MacDee
Toutes les photographies ont été prises, volées, cadrées, amoureusement au Musée de l'industrie et du travail 27 rue Ransfort à 1080 Bruxelles
Septembre 2015.
Les fées volètent au-dessus de vieilles machines rouillées qui rêvent du temps où leurs flancs rougissaient sous les assauts des flammes qu'entretenait le charbon.
Les marteaux s'abattent en cadence sur le métal porté au rouge, au blanc, maintes fois, et les muscles tendus luisent de sueur.
Stage de forge " Fer et Feu"
Ils galopent, fantomatiques, sous les voûtes aux pierres écroulées où quelques chats placides sommeillent, indifférents, et se souviennent des derniers dragons ailés.
Pour qui tend l'oreille, rien n'est mort ici.
Tout y vit dans la mémoire :
le ronflement du poêle à charbon et le tirage dans la cheminée par grand vent,
le chuintement du métal qui se tord et se dilate,
oeuvre de Issa Ouedraogo ( décédé malheureusement "2025"
le martèlement des outils,
la transpiration que les mains noircies épongent cicatrisant de noir les fronts épuisés ;
les "chemisettes *" maculées de suie et trouées d'étincelles de feu.
mémoire de fer, de feu, de charbon,
mémoire des femmes aussi : quand les premières machines à laver vinrent adoucir leur travail de forçat ;
mémoire de celles et de ceux qui arpentaient les rues pour dénoncer les conditions de travail inhumaines ;
mémoire d'un temps passé dont plus personne ne désire se souvenir.
Pourtant, parce qu'alors tout semblait possible et que tout était à créer, notre siècle vit le jour.
Au soir tombant, quand fusent les derniers rayons du soleil, vous verrez les paillettes d'or des ailes des fées, se déposer sur les machines ensommeillées, et les elfes disparaître sous les coquelicots penchés au vent.
Vous verrez défiler silencieux, les fantômes de notre passé proche : métallos, couturières, modistes, "wattman" "avancez s'il vous plaît. doorschuiven alstublief *" de nos tramways anciens,
sténographes et dactylos,
mineurs aux yeux rougis, cigarette à la commissure, petits porions mal nourris aux genoux cagneux,
et toutes celles et ceux qui se sont battus pour ne plus travailler sept jours sur sept pour un salaire de misère. ( J'ai connu les 6 jours semaine ! Et quelle joie le jour où je pus être en congé le samedi matin.)
Avant de partir, respirez la pierre chauffée au soleil,
caressez l'arrondi d'un mur,
suivez le regard du tournesol qui se tord le cou pour encore apercevoir un peu son astre,
* à Bruxelles on n'appelle pas le sous-vêtement des hommes un "Marcel". On disait chemisette et en dialecte Bruxellois une "lefke" !
* Les "wattman" étaient les conducteur de tramway. Le contrôleur était assis à l'arrière et disait dans les deux langues: " Avancez s'il vous plait. Doorschuiven alsjeblieft" !
Textes et Photographies: Mona MacDee
Toutes les photographies ont été prises, volées, cadrées, amoureusement au Musée de l'industrie et du travail 27 rue Ransfort à 1080 Bruxelles
Musée à aimer, soutenir, encourager.
Septembre 2015.






















