Brûler les mots écrits au long des jours doux,
au fil des nuits blanches, sans toi,
les laisser s’envoler en fumée joyeuse
remplie de leurs arabesques entremêlées.
Inutiles si ils ne touchent plus personne,
à quoi bon les tenir enfermés dans mes cahiers poussiéreux,
dans l’ordinateur en voie d’obsolescence,
à la mémoire atteinte de démence sénile.
Ils flambent,
les lettres dansent dans les flammes rougeoyantes,
un a, amour ; un c, chagrin ; peut-être ?
Leur chaleur me pénètre, vont-ils me manquer ?
Recroquevillé, racorni, le papier se tord encore un peu,
s'effondre, et je souffle doucement sur ses cendres apaisées.
Mona MacDee
