vendredi 1 octobre 2021

Le refus de la banalité

On parle beaucoup actuellement des Hp, Zèbres et autres atypiques. cela ne représente en soi que environ 5% de la population ! Voilà une nouvelle façon d'essayer de sortir du lot, de refuser le banal et d'entrer dans une catégorie, un moule différent, mais un moule quand même. Néanmoins, il est évident, qu'il y a des difficultés réelles à vivre dans l'environnement habituel, lorsque le " bruit" qui semble normal aux autres, vous est insupportable, lorsque la lumière vous agresse, lorsque des conversations normales deviennent brouhaha, lorsque on sent des choses que les autres ne ressentent pas, et la liste est longue, mais :

Pourquoi zèbre d'ailleurs, girafe c'est bien aussi non ?

Notre besoin d’appartenance nous pousse, qu’on le veuille ou non, à nous adapter à des cases, des boîtes où, malgré que nous y soyons gênés aux entournures, nous font nous sentir moins seuls : d’autres boîtes, d’autres cases, semblables aux nôtres, sont alignées près de nous. Nous sommes des milliards d’êtres humains extraordinaires et banals et nous n’aimons pas être banals, particulièrement dans cette société du paraître qui est la nôtre.
Comme les autres donc, il m’arrive de souffrir de ma banalité, comme tant d’autres je souffre de solitude, et comme la plupart d’entre nous, j’ai envie d’être aimée, d’aimer, d’être comprise un peu, soutenue et de partager des valeurs communes. Comme nous tous et toutes.
Nous avons besoin de lieux, de groupes, de cadres, parce que notre différence nous fait peur, nous exclus, pensons-nous. Chaque être humain est différent, chacun est l’exclus de quelqu’un et ma solitude n’est pas plus difficile à supporter que celle du réfugié qui essaye de trouver un toit ou à se nourrir, ni de celle de la femme harassée de courir après du travail.
En quoi serais-je donc plus extraordinaire que les autres ? Tout haut, nous affirmons que nous avons un fonctionnement différent, que nous ne sommes pas mieux que les autres, mais souvent, en nous la petite voix de l’ego murmure : «  ah les imbéciles… » ! Non ? Vous pourriez jurer que vous n’avez jamais prononcé ces mots, ni les avez pensés ? Nous nous donnons ainsi l’illusion d’être spéciaux au moins pendant notre « quart d’heure de gloire ».
La liberté d’être qui nous sommes, tels que nous sommes, hors de tout groupe, de tout cocon, est-elle donc si effrayante, et surtout, redevenir seul.e et libre, c’est aussi accepter de retourner à sa banalité, de se fondre dans la masse sans pour autant en adopter toutes les valeurs.
Nous n’en aurons jamais fini avec ce besoin d’affirmer, de prouver que nous existons et pourtant un jour, nous partirons, seuls, extraordinaires et banals, ne laissant que quelques traces éphémères. 

 

 

 

Mona MacDee

 

image pixabay libre de droits https://pixabay.com/fr/photos/z%c3%a8bre-gnu-girafe-afrique-namibie-1170177/