J'ai toujours aimé les rouilles, vieillies, usées et belles. Celle-ci en 2015 sous une porte près du marais du Wiels à Bruxelles.
Laissez-moi vieillir à mon rythme
laissez-moi assumer mes rides, expressions des joies et des chagrins,
et des sourires et des larmes.
Gardez les crèmes rajeunissantes
les exercices épuisants
les conseils :
pour rester active :
pour voyager avec des « copines » de mon âge,
pour la nécessité, dites-vous d’avoir un programme
pour être positive dans les journées grises.
Laissez-moi les jours gris dehors et gris dedans,
les jours bleus trop bleus pour moi fille du Nord,
et les jours où malgré le gris du ciel, il fait bleu dedans !
Laissez-moi mes jours,
libre,
bordélique parfois, où la vaisselle attend recouverte d’un essuie,
où la cuisine est atelier,
sans télé, sans chat, sans poisson rouge,
tout simplement « sans »
dans la magie du silence revenu.
Arrêtez de me dire « tu ne fais pas ton âge »,
mon corps lui, sait l’âge qu’il a et comment je ne l’ai que trop exploité.
Obligée à l’injonction de la perfection de l’enfance,
je n’ai que trop accepté les pressions, y compris celles que je m’imposais.
Puisque de toute façon, « tout n’est que vanité et poursuite du vent »*
je laisse couler entre mes doigts le sable du temps qu’il me reste
soucieuse seulement d’aimer les miens du mieux que je peux.
Photo et texte : Mona MacDee sans I.A
* L’Écclésiaste. Ancien Testament.
